Royal Cheese : « Faut-il d’abord investir pour que ça marche, ou que ça marche pour avoir de quoi investir ? »

Créé en 2008, Royal Cheese se compose de 6 jeunes parisiens passionnés de musiques noires. D’abord centrés sur la Funk instrumentale, ils se tournent progressivement vers l’électronique à travers la House. Tous étudiants, ils nous expliquent la difficulté à concilier désir de carrière et cursus scolaire.

Muzrs : Pourriez-vous chacun vous présenter et me dire comment le groupe s’est créé ?

Alexis : Guitariste de Royal Cheese, et étudiant en droit à Paris à côté de ça.

Tom : Guitariste également. Etudiant en cinéma à Londres. Je pense qu’on a plus ou moins tous baigné dans la musique étant jeune grâce à nos parents.

Mathias : Bassiste. Et étudiant aux Beaux arts de Cergy. Je pratique depuis tout petit, j’ai fait le conservatoire, tous ces trucs un peu chiant. Depuis quelques temps je suis passé sur ordi, je bidouille, je cherche de nouvelles sonorités.

Zacharie : Batteur. Etudiant en commerce. A côté je fais de la production et je mixe un peu à Paris.

Marco : Pianiste. Je suis toujours au « conservatoire un peu chiant », je fais de la musique à plein temps. J’ai décidé d’en faire mon métier vers 16 ans.

Tom : A la base, Zac et moi on faisait du Rock et du Blues, puis Marco nous a rejoint et on s’est mis au Funk. Les autres sont arrivés petit à petit, au fil des rencontres. Le groupe existe depuis 2008, mais rien à voir avec ce qu’on fait aujourd’hui !

Muzrs : Vous sauriez me dire à quel moment c’est devenu un peu plus sérieux, et comment vous avez fait concrètement pour vous lancer ?

Marco : Il y a eu plusieurs phases, je dirais que c’est d’abord devenu concret à travers le live, quand on a eu nos premières dates. Mais c’est quand on s’est mis à l’électro et qu’on a un peu abandonné les instruments qu’on a commencé à bien se bouger. On a alors appris à bien se servir d’internet et de ses outils, comme Soundcloud. Là, on a sorti des sons qu’on faisait chez nous, avec le matos qu’on avait.

Tom : Pour nos premières dates on est passé par le site Planconcert.com : tu crées un profil avec tes sons et une biographie, et des mecs te contactent pour jouer dans des bars ou autre, il y avait de vraies opportunités à l’époque, mais j’en entend plus trop parler…

Alexis : On a aussi fait jouer les contacts pas mal… Notre première date ça a été la Scène Bastille. On a fait aussi des premières parties, à la Dame de Canton par exemple, où on a rejoué en tête d’affiche quelques mois plus tard ! Il faut aussi parler d’Adam, un pote d’enfance qui est, en gros, notre manager. Il fait des études de gestion, donc ça lui donne une première expérience dans le domaine artistique. Il s’occupe de tous les trucs chiants : la promotion, chercher des dates, gérer notre image…

Tom :  Je pense que c’est hyper important d’avoir une personne extérieure au groupe qui va gérer et booster les musiciens.

Marco : C’est avec lui qu’en 2013, on a créé Madman Regent, un label ou plutôt un « net label ». Ca réunit tous nos projets perso et ceux de nos potes sur une même page, et nous permet d’avoir plus d’impact. On passe aussi par cette structure pour organiser nos propres évènements. On se sert vraiment au max des outils internets. C’est assez fascinant la facilité avec laquelle on peut maintenant se créer une identité très professionnelle avec une page clean, de beaux visuels, un texte bien senti. Mais à un moment donné il faudra passer du virtuel au réel si on veut que ça continue, en devenant une vraie structure notamment.

Muzrs : Et pour enregistrer vos morceaux, vous faites comment ?

Marco : On enregistre à la maison. Le matos appartient au groupe, on se l’ai payé avec l’argent des concerts. Mais au final ça se résume à une carte son et un ordinateur ! Une carte son ça coute pas cher, après le désavantage c’est que t’es obligé d’enregistrer instrument par instrument, piste par piste, c’est très long ! Finalement c’est aussi cette contrainte matérielle qui a influencé notre style, en nous poussant vers l’électro notamment. Après l’enregistrement, j’arrange le tout. J’ai pas eu de formation là dessus mais j’apprend sur le tas, je regarde des tutoriels sur internet…

Mathias : On a malgré tout voulu faire un test et faire masteriser nos derniers morceaux dans un vrai studio, chez Soda Sound. C’était aussi pour avoir quelque chose de pro à envoyer pour le démarchage. Et bah on a vraiment vu la différence !

Tom : Avoir un bon mastering ça vaut vraiment le coût, même si c’est cher.

Marco : C’est là qu’on retrouve la problématique classique : est ce qu’il faut d’abord investir pour que ça marche, ou faut d’abord que ça marche pour avoir de quoi investir ? S’endetter pour un mastering et avoir une maquette solide pour démarcher, ou bidouiller jusqu’à ce que ça marche assez pour se payer le mastering… ?

Muzrs : Vous conciliez comment le groupe et vos études ?

Tom : Ce qui est bien c’est qu’on fait chacun des études différentes qui se complètent : je suis en ciné, je réalise donc les clips. Alexis est en droit, il va donc nous dire quand un contrat n’est pas réglo… Mais, c’est sur, ça nous fait aussi défaut parce qu’on n’est pas toujours disponible pour le groupe.

Zacharie : On a d’ailleurs fait une réunion avant hier, et on s’est dit que c’était vraiment dommage de ne pas s’investir plus, on a tous du boulot à côté, des examens à des dates différentes, Tom qui vit à Londres… On se rend compte de la nécessité de planifier plus, fixer des dates, sinon on n’avance pas. On est déjà passé à côté de vraies opportunité à cause de ça : on avait été repéré par un producteur qui nous a invité à enregistrer dans ses studios, et ça s’est pas fait…

Muzrs : Est-ce-que quelque chose en particulier vous manque ou vous a manqué dans votre développement ?

Mathias : Une formation MAO (Musique Assistée par Ordinateur).

Marco : Pour moi c’est une meilleure logistique, c’est ce qui nous ralenti le plus. Il nous manque également un local pour répéter nos lives. Surtout que c’est grâce au live qu’on peut espérer faire de l’argent. Pour le reste, notamment en électro, un ordinateur suffit.

Tom : Une structure déjà bien établie et capable de promouvoir notre musique à une échelle qui dépasse internet, avec des médias physiques.

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Catégories :Artistes, Interviews

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