Einleit : « Le DIY c’est super au départ, mais faire parti d’un réseau régional apporte un soutien tout autre »

Einleit

Einleit est un très bon exemple du groupe qui se bouge pour réussir. Concours, tremplins, crowfunding, aides publiques… Le tout dans un esprit d’entraide et d’échange avec d’autres groupes autour d’eux. Entretien avec ses trois membres, Jun, Gabriel et Charlie. 

Muzrs : Pouvez-vous me présenter chacun votre parcours dans la musique jusqu’à aujourd’hui ?

Charlie : J’ai commencé la musique à 10 ans, en intégrant la Maitrise des Hauts de Seine (Chœur d’enfants de l’Opéra National de Paris). C’est là que j’ai rencontré Jun. Vers 15 ans, on s’est tous les deux mis à la guitare et deux ans après je me mettais à la basse.

Gabriel : Je baigne dans la musique depuis tout jeune par ma famille. Mon père est compositeur, mon frère est musicien… J’ai commencé la batterie en autodidacte à 12 ans. Puis j’ai intégré le conservatoire, et un peu plus tard le BTMM (Brevet de Technicien des Métiers de la Musique) du Lycée de Sèvres. J’ai fais mes armes à la batterie avec plusieurs profs, dans diverses écoles et j’ai joué dans plusieurs groupes. J’ai finalement rencontré Jun et Charlie qui cherchaient un batteur pour leur ancien groupe, Wasted Wasted.

Jun : Comme le disait Charlie j’ai avant tout une formation de chant lyrique. La Maitrise des Hauts de Seine nous a donné l’occasion de monter sur scène un certain nombre de fois, notamment pour des productions d’opéra qui nous ont fait voyager dans le monde entier. C’est ce qui nous a donné le goût de la scène. C’était un monde particulier, très encadré et stricte. Arrivé à l’adolescence, on a voulu s’affranchir de ce carcan musical et on a commencé à se mettre à la guitare électrique. On a monté plusieurs groupes dans plusieurs styles : rock, funk, hip-hop… En tant que compositeur du groupe, c’était un plaisir de tâtonner différents styles. Wasted Wasted est devenu Einleit, car arrivé à un certain point on a voulu affiner l’esthétique musicale du projet et se lancer dans la pop.

Charlie : Oui, et c’est là qu’on a décidé d’investir de l’argent pour enregistrer un EP dans un vrai studio. C’est comme ça qu’on a atterri chez Montmartre Recording.

Gabriel : On a bien accroché avec Jérôme, l’un des deux gérants du studio avec qui on enregistrait ce premier EP autoproduit, And I a twister love what I abhor. Après ça, il nous a suivi et conseillé pendant un an, nous donnant un précieux avis extérieur et professionnel sur ce qu’on faisait. Un an après, Jérôme et Mathieu, son acolyte, avaient monté leur label Wheel Noise Production, aujourd’hui renommé Sacré Cœur Music. A ce moment là, ils sont revenus vers nous et nous ont fait une offre de signature en production et édition pour un EP et un album.

Jun : A l’époque, signer en maison de disques n’était pas spécialement dans nos objectifs à court terme, on cherchait plutôt un tourneur. Mais étant donné les liens qui s’étaient tissés entre nous, ça nous est paru évident d’entamer cette aventure avec eux et on ne le regrette pas.

Muzrs : Vous avez eu recours à une campagne de crowfunding pour votre dernier EP, c’est original pour un groupe qui a un label, non ?

Jun : Pas vraiment. Aujourd’hui beaucoup de groupes signés ou pas ont recours au crowdfunding. La campagne en question avait pour but de nous aider à entamer une promo à l’international et notamment au Japon. Un certain budget a été débloqué par le label pour la réalisation de notre second EP Fire walk with me et le tournage du clip de Trembling Tokyo au Japon. Il nous fallait un petit coup de pouce supplémentaire pour pouvoir défendre ces objets hors-frontières.

Charlie : Aujourd’hui on est notamment en contact avec le Japon, l’Inde, l’Angleterre et l’Allemagne à travers des instances comme le Bureau Export ou l’Alliance Française.

Muzrs : Vous semblez avoir fait pas mal de démarches pour vous lancer.

Jun : Oui, cette année on a notamment été sélectionné par SFR Jeunes Talents pour le Printemps de Bourges. Après, on a beaucoup été aidé par le département des Yvelines d’où viennent Charlie et Gabriel. On s’est d’abord fait parrainer par la MJC de la Celle-Saint Cloud qui nous a fait rentrer dans le réseau du CRY (Centre de Ressources Yvelinois pour la musique). Ils nous ont alors proposé de postuler pour la sélection Yvelive 2013-2014 pour lequel chaque salle du 78 présente un ou deux groupes, et on a été parmi les huit sélectionnés. On s’est alors retrouvé parrainé par La Clef St Germain qui nous a fait bénéficier d’un certain nombre de résidences scéniques, et de premières parties comme celle de La Femme il y a tout juste un an.

Charlie : A travers Yvelive, on est rentré dans le réseau du RIF (Confédération des réseaux départementaux de musiques actuelles/amplifiées d’Ile de France) ce qui nous permet aujourd’hui d’avoir une visibilité dans tous les départements d’Ile de France et pas uniquement au sein des Yvelines.

Jun : Yvelive est un dispositif d’accompagnement, ça nous a aussi ouvert les portes à des journées de formation organisées par Le CRY sur des sujets préalablement choisis et définis par les huit groupes Yvelive, à savoir le management, l’intermittence, le booking, les droits d’auteurs etc, avec à chaque séance un intervenant du milieu professionnel en question. Le Do It Yourself c’est super au départ, mais faire partie d’un réseau régional apporte un soutien tout autre, bien plus que simplement musical.

Muzrs : Et comment est-ce que vous gérez votre communication auprès du public ?

Charlie : Jun s’occupe des réseaux sociaux, Facebook, Twitter, Instagram. C’est important de garder cette proximité avec le public. Tu vois tout de suite les pages facebook d’artistes qui sont gérées par un community manager. C’est de la simple promo, c’est souvent très froid. Un artiste qui balance une playlist de ce qu’il a écouté dans la semaine, ça c’est intéressant, ça donne envie de le suivre.

Gabriel : Aujourd’hui les gens ont besoin d’être proche des artistes. C’est fini le côté stars inatteignables. De plus en plus d’artistes, même connus, viennent vendre eux même leur merchandising après le concert par exemple. Mais au-delà de ça, on aime être en contact avec notre public. Ce sont eux qui nous donnent envie d’avancer plus loin.

Advertisements

Catégories :Artistes, Interviews

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s