L’Impératrice : « C’est important d’avoir un ton qui te sois propre au-délà de l’identité musicale »

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Derrière l’Impératrice se cache 5 musiciens passionnés. On a discuté avec son fondateur, Charles, qui nous explique sa vision de la musique, qu’il considère comme indissociable d’un projet artistique plus large mêlant, à terme, identité graphique, audiovisuel, performance live et « branding ».

Muzrs : L’impératrice, c’est quoi ?

Charles : L’Impératrice, aujourd’hui, c’est cinq musiciens. Initialement emmenés par moi pour ce qui est de la composition, mais on s’y met de plus en plus ensemble. On a chacun un boulot à côté ! Martin est chef op’ dans l’audiovisuel, et les autres sont tous musiciens : Hagni, qui est au clavier, est violoniste dans des orchestres classiques ; David, le bassiste, est violoncelliste et Tom est batteur de session pour plusieurs de groupes. Mais le groupe devient de plus en plus important pour chacun, on devient un vrai groupe, c’est très cool !

Et l’Impératrice, niveau identité, c’est cette femme qu’on peut voir sur notre pochette, une entité un peu mystérieuse, à travers laquelle on exprime nos sentiments les plus féminins et…impériaux ! C’est une femme métissée parce que notre musique l’est, mélange de disco, de funk, de Hip Hop, de Jazz… Sans oublier la Bande Originale, qu’on explore de plus en plus. On essaye de faire une musique qui groove, que le morceau soit lent ou très rapide, mélancolique ou balnéaire. Au départ j’étais tout seul sur ce projet, mais je ne me sentais pas légitime parce que je ne suis pas musicien de formation, je suis journaliste. Du coup je me suis un peu caché derrière cette fausse identité. Même si on commence à connaître nos têtes avec les concerts !

Muzrs : Et justement, vous vous intéressez à l’identité visuelle, au « marketing » ?

Charles : C’est un domaine très important qu’il faut maitriser. C’est primordial la manière dont tu t’adresses aux gens, est-ce que tu es accessible ou pas du tout, est-ce que tu es leur pote ou est-ce qu’ils sont tes fans. Avec tous les groupes qu’il y a aujourd’hui c’est important d’avoir un ton qui te sois propre, au delà de l’identité musicale. Ça passe aussi par les clips. Là-dessus on est très exigeant, on est tous fan de cinéma et notre guitariste, Martin, bosse dans le ciné. On a commencé par un clip fait maison qui nous a montré à quel point il était important de soigner ce côté là. Notre musique a des influences hyper larges et on veut vraiment trouver l’identité qui lui colle parfaitement, sans tomber dans le cliché ou le déjà vu.

Muzrs : C’est quoi un bon label pour vous ?

Charles : Pour moi, un label qui te signe en artiste, il t’apporte avant tout une direction artistique : il a compris ta musique, il sait où tu veux aller et il te donne les moyens de le réaliser. Le directeur artistique a le recul nécessaire pour apporter des idées fraiches dans ta musique, la critiquer, la développer. Quand tu as trouvé ton mentor, le mec qui te fascine et qui a dix fois plus de connaissances que toi, tu le laisse toucher à ta musique sans problème, tu sais que ce sera encore mieux. Et puis tout se discute, un bon directeur artistique n’impose rien. Malheureusement, les labels font de moins en moins ce travail, ils signent des projets tout fait, il n’y a plus ce travail artistique qu’on pouvait avoir jusque dans les années 80. Par exemple CTI, un super label américain des années 70, avait une écurie de musicien qui enregistrait pour le projet d’untel ou d’untel et donnait inévitablement une patte particulière. Sans compter la production de Creed Taylor qui savait exactement ou placer tel ou tel instrument. On reconnaît tout de suite un enregistrement qui sort de là. Ed Banger, qu’on aime ou pas, a su développer un son qui lui est propre, accompagné d’une identité graphique forte grâce au travail de SoMe.

Muzrs : Et de votre côté, vous en êtes où avec les labels ?

Charles : A l’origine on était produit par Cracki Records, qui nous a offert une super visibilité. Mais ils étaient très pris avec le développement d’Isaac Delusion et le montage du Macki Festival. Donc pendant ce temps j’ai du reprendre le groupe en main de mon côté. On a produit le dernier EP nous même en studio, de manière indépendante, donc on est passé à un simple contrat de licence avec eux. Cet EP était plus cérébral, on a voulu s’ouvrir à un nouveau public, peut être plus connaisseur, plus musicien.

Muzrs : Justement, quelle place ont les concerts dans votre développement ?

Charles : Ça fait un an et demi qu’on rôde notre live, on sent que c’est le moment d’investir là dessus. On est en train de bosser à fond, on essaye de créer une vraie scénographie et on va travailler avec une ingénieure lumière incroyable qu’on a rencontré lors d’un de nos concerts au Point Ephémère. On réfléchit à des projections également, des installations… On essaye de rendre la scène plus attrayante, ce qui est d’autant plus important qu’on a pas de chanteur.

Muzrs : Et l’Impératrice fait aussi pas mal de Dj sets, pourquoi ?

Charles : En ce qui concerne les Dj sets, c’est moi qui m’en occupe et c’est vrai qu’on en a pas mal. C’est peut être parce que notre musique brasse énormément d’influences, ce qui suppose qu’on a plein de musique à passer en club ! Pour les salles c’est tout benef’ : ça coûte moins cher de payer un cachet de Dj, mais ils attirent quand même du monde grâce au nom de l’artiste. Et puis en l’occurrence j’aime le faire, je passe mon temps à chercher du son, toujours dans l’optique de faire danser les gens, de partager. Et puis ça arrondit bien les fins de mois !

Muzrs : Vous êtes très inspiré par la bande originale de film. Vous pensez aussi à faire de la « synchro » (vente de licence pour l’utilisation publicitaire de certains titres) ?

Charles : Oui, on va faire bientôt faire notre première synchro avec une marque de cosmétique. On a un peu hésité au départ, c’est toujours délicat d’affilier ta musique à une marque, mais c’est une super source de revenus pour les artistes. Plus largement on commence à développer ce côté « branding ». Quelques petites marques de fringue s’intéressent à nous, comme Vilebrequin, et nous proposent de travailler avec eux sur des compilations, des soirées, des showrooms, des défilés… On adore s’étendre à d’autres champs artistiques, aller au delà du schéma concerts-disques, exporter notre musique dans d’autres univers. Dans un futur plus lointain on imagine bien s’élargir : créer un studio, produire ou jouer pour d’autres groupes…

Et bien sur on adorerait faire de la musique de films, on a deux ou trois pistes pour des petits films indépendants, mais pour plus tard. Travailler avec un réalisateur et poser de la musique sur ces images ça doit être très dur mais hyper intéressant. J’ai toujours l’image de Neil Young qui, à l’invitation de Jim Jarmush, improvise des accords à la guitare directement en salle de projection, qui deviendront la BO de Dead Man.

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Catégories :Artistes, Interviews

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