Midi Festival : « Pour un festival, il s’agit vraiment mobiliser les troupes en temps de crise »

Midi Festival

Créé en 2005 par Frédéric Landini, le Midi Festival, qui se tient depuis 2006 dans la Villa Noailles à Hyères, s’est rapidement créé une réputation de défricheur de talents. Après des difficultés financières et 10 années d’existence, ils décident de faire appel au financement participatif pour leur édition 2014. Une manière de trouver des fonds mais aussi de mobiliser et sensibiliser le public et les acteurs locaux aux enjeux de ce type d’événements culturels.

Muzrs : Pourquoi faire appel au crowdfunding ? Etait-ce un choix ou par défaut ?

Anastasia Philippe (Midi Festival)Jusqu’ici nous nous financions par les subventions publiques, quelques mécènes et les recettes propres. En 2013, le festival s’est déroulé sur trois sites différents, avec une grosse jauge, nous avons donc eu beaucoup de dépenses. Du coup, en 2014, notre budget prévisionnel était déséquilibré et nous nous sommes alors tourné vers le crowdfunding, pour que le festival puisse avoir lieu, tout simplement.

Muzrs : Comment ça s’est passé?

Très bien. Un peu comme une billetterie de festival, le creux au milieu de la campagne donne des sueurs froides ! C’est stressant mais aussi galvanisant parce que tu sens l’engouement des gens qui croient dans ton festival et qui veulent le voir tenir. On a finalement légèrement dépassé l’objectif de 10 000 euros. Le fait d’avoir déjà un public acquis et des soutiens médias établis grâce à l’ancienneté du festival a beaucoup aidé.

Muzrs : En terme de communication, cela vous a-t-il permis d’élargir votre notoriété ?

La campagne a créé un engouement et a permis de mobiliser les acteurs locaux qui se sont proposés de nous aider sur l’année suivante. L’impact a été positif au niveau du public local également, qui s’est rendu compte de l’importance culturelle de ce genre de festival dédié à la musique émergente et de sa fragilité économique. Finalement il s’agit de le plébisciter pour faire le point et voir si ça vaut le coût de refaire une édition, re-contextualiser le projet.

Muzrs : De manière générale, considérez-vous le crowdfunding comme une vraie solution d’avenir pour la musique ou plutôt un « système D »?

Pour un festival, il s’agit vraiment mobiliser les troupes en temps de crise pour se remettre à flot, mais ce n’est pas une solution viable. Cette année, on a eu une baisse des subventions, mais on ne peut pas solliciter à nouveau le public, alors on s’adapte et on réduit les coûts.

Muzrs : Vos conseils pour ceux qui voudraient tenter l’expérience ?

Le plus important selon moi c’est d’être transparent sur l’utilisation de l’argent collecté, de faire un gros effort de médiation et de pédagogie pour expliquer aux gens comment les choses marchent, pourquoi ce type de projet est important pour la communauté.

Publicités

Catégories :Interviews, Professionnels

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s