Arthur King : « La plupart de mes albums préférés ont des artworks que je n’aime pas particulèrement »

Arthur 'King' Estienne

Arthur ‘King’ Estienne

Arthur « King » Estienne, est une figure importante de la scène musicale parisienne, notamment Hip-Hop. Dj, graphiste, réalisateur de clips, co-organisateur des soirées Poyz & Pirlz : le 360° ça lui parle. Et pourtant, bien loin de ce qu’on entend habituellement, il ne perd pas de vue que le sujet c’est la musique et rien que la musique.

Muzrs : Quel est ton rapport initial à la musique? Au graphisme ?

Pour la musique, j’ai découvert le rap quand j’étais jeune. Le rap c’est une culture de réappropriation et une musique assez ludique avec des samples, plein de références... Du coup en grandissant ça m’a permis de découvrir énormément d’autres musiques et cultures, que ce soit le reste de la black music, le rock, l’électro, la pop etc. Ca m’a fait m’intéresser à plein de trucs. Concernant le graphisme, j’imagine que l’univers du tag m’a influencé et m’a poussé à m’intéresser plus au coté visuel des choses, à la typographie, la calligraphie, les clips sur MTV dans les années 90… Et assez vite j’en suis arrivé à être passionné par l’image au sens large.

Arhtur King x Big Festival

Affiche du Big Festival (2013)

Muzrs : Tes différentes activités semblent confirmer une vision pluridisciplinaire du projet musical. C’est comme ça que tu vois les choses?

Pour moi tout ça c’est exactement la même chose : faire un mix, créer un logo, réaliser un clip, c’est juste une question de créativité et de curiosité.

Muzrs : Quels artistes t’inspirent dans cette approche « œuvre totale» ?

C’est pas super consensuel et un peu contradictoire mais le coté « projet global » à la Daft Punk où l’image est aussi importante que la musique je m’en fout un peu. Quand on parle de projet musical ce qui m’intéresse avant tout c’est que la musique soit géniale et procure des émotions. C’est même l’unique truc qui m’intéresse. Je préfère 1000 fois découvrir une chanson ou un album qui me parle avec une pochette dégueulasse qu’un projet un peu mou mais où tout est super cohérent dans la DA. En fait si je regarde mes albums préférés la plupart ont des artworks que je n’aime pas particulèrement, mais je m’en fout complètement, limite ça me plait, ça ajoute un peu de charme et d’imperfection, ça fait voyager. Pour prendre un exemple récent regardez l’image de ILoveMakonnen, c’est vraiment moche à souhait et pourtant l’année dernière je n’écoutais que ça.

Muzrs : Beaucoup de styles musicaux ont eu leur propre univers graphique, on peut par exemple citer le travail de Peter Saville et le mouvement New Wave ou, plus proche de toi, le collectif H5 et la French Touch. Dans ton cas, comment définirais-tu ton univers, à quels types de musiques s’apparente-t-il et pourquoi?

J’ai pas l’impression d’avoir un univers très définissable, j’essaie de voir chaque projet comme un tout nouveau projet, j’essaie de repartir à zéro à chaque fois comme si je n’avais jamais rien fait avant. Sans prétention hein !

Arthur King x Colette

Pochette de la compilation Discolette (2010)

Muzrs : La dimension visuelle te paraît-elle plus importante qu’auparavant dans un projet musical? 

Oui effectivement on attend énormément du coté visuel d’un projet musical aujourd’hui, comme je te disais tout à l’heure je trouve ça exagéré et ça ne me dérangerai pas qu’on revienne à quelque chose de plus pur, avec moins de marketing, plus centré sur la musique quoi.

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